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Fiche conseil

 

 

Troubles sexuels, troubles du désir

 

 

* Les principaux troubles sexuels :

Chacun de ces tableaux comporte un grand nombre de formes cliniques, pour lesquelles les causes organiques et psychosomatiques sont diversement associées.

Chez la femme.

- Inhibition du désir sexuel.
- Dyspareunie (douleur pendant le rapport sexuel)
- Vaginisme (contraction douloureuse du vagin empêchant souvent la pénétration)
- Troubles du plaisir, dont l'anorgasmie (absence d'orgasme).

Chez l'homme.

- Trouble de l'érection (dysérection).
- Éjaculation précoce.
- Inhibition du désir sexuel.
- Absence de plaisir.
- Douleurs lors des rapports (génitales, ou bien céphalées, crampes...).

Dans le couple.

- Difficultés de communication fréquentes, rythmées par les stress divers du quotidien vécus par chacun.
- Temps communs de complicité souvent réduits, envahis par les horaires chargés, ou décalés, une absence géographique, des réunions, la télévision...
- '' Vieillissement du couple '', avec risques d'installation de la monotonie, perte de la densité de l'élan pour l'autre, détérioration du capital érotique commun, désintérêt pour une culture érotique commune.

États physiologiques favorisants les troubles sexuels.

- L'adolescence : la sexualité est alors un moyen d'affirmation de soi, d'appropriation de son existence, voire de provocation ou de normalisation.
- La grossesse : le rapport de la femme à son corps est modifié ; elle s'interroge sur la nocivité éventuelle des rapports sexuels et son partenaire a parfois des troubles du désir si l'aspect de sa compagne n'est plus en accord avec ses codes d'attraction érotique.
- La ménopause : les changements physiologiques hormonaux et généraux s'accompagnent de variations psychologiques et sexuelles parfois difficiles à assumer.
- L'andropause : concept controversé, elle correspond néanmoins à une période de modifications physiologiques et psychologiques certaines.

 

* Les troubles du désir.

Cette difficulté sexuelle, qui concernait classiquement la femme, est en augmentation chez l'homme depuis une dizaine d'années. Si chez l'homme, atteint dans son image, l'expression du symptôme est souvent directe, chez la femme, elle est souvent masquée.

Les points à préciser.

- Le trouble est-il primaire (la femme n'a ''jamais été portée sur la chose'', l'homme n'a ''jamais été un foudre de guerre'') ou secondaire (épisode existentiel, problème de santé, élément déclenchant).
- S'agit-il d'un trouble de la pulsion, de l'excitation sexuelle (les patients fantasment-ils, ressentent-ils un désir, en présence d'une personne correspondant à leurs critères érotiques, lors d'une lecture érotique, en voyant un film à caractère érotique ou encore spontanément ? utilisent-ils l'auto-érotisme ?).
- Est-ce un trouble sélectif du désir (qui ne s'applique qu'à un seul partenaire) alors que la pulsion sexuelle est conservée ?

Quelques causes organiques.

Un trouble hormonal est parfois à l'origine de ce manque de désir. Chez la femme, on peut évoquer le post-partum, la ménopause, la période des règles, une hyperprolactinémie, une dysthyroïdie, une atteinte hypophysaire ou surrénale, mais aussi la contraception orale. Chez l'homme, une hypo-androgénie peut être suspectée sur l'aspect de la pilosité et des testicules, souvent associée à des troubles de l'érection. Dans les deux sexes, il peut aussi s'agir d'une maladie générale : diabète, séquelles de chirurgie lourde, radiothérapie, usage de drogues, alcool, tabac, médicaments.

- Le plus souvent, une origine psychogène

Problématique personnelle...
On peut citer :
- le stress, lié à un vécu social, personnel, difficile ;
- la dépression, parfois patente, souvent masquée, ou chronique ;
- la culpabilité, liée aux tabous, à une éducation rigide, à un comportement équivoque des parents, à des idées reçues de sexualité sale, de plaisir sexuel dégradant, parfois à une agression sexuelle ; on note souvent la difficulté de s'abandonner à un plaisir, de lâcher prise, de perdre le contrôle de soi ;
- l'anxiété d'échec, avec souvent des premiers rapports décevants, entraînant un sentiment de dévalorisation ;
- la peur de la pénétration, de la douleur, ou plus globalement de l'autre sexe ;
- une abstinence prolongée, après laquelle il faut un minimum de temps, surtout chez les moins jeunes, pour retrouver un fonctionnement physiologique satisfaisant ;
- chez la femme, l'absence d'enfant ou sa présence (la femme plus mère qu'épouse), une hypofertilité, une fausse couche.

... ou liée au couple
Citons :
- les couples fusionnels ou non communicants, par manque de temps commun de complicité ;
- le déphasage du désir ;
- des conflits divers, liés à la belle-famille, à une relation dominant-dominé, à une jalousie, une infidélité ;
- l'usure du couple, par monotonie, manque d'intensité, ou non-entretien du capital érotique commun.

Prise en charge.

Étiologie organique.
Le recours à l'endocrinologue est souvent nécessaire en cas de perturbation hormonale pour déceler et traiter spécifiquement l'étiologie concernée. La prise en charge d'une maladie générale éventuellement concomitante a un bénéfice variable sur la sexualité. Les pathologies gynécologiques, de la verge ou de la prostate relèvent d'un traitement spécifique. Enfin, le changement de contraception est d'une efficacité variable .

Étiologie psychogène.
Il s'agit d'accompagner la réflexion sur les mécanismes personnels, et de couple, par des entretiens avec l'un ou l'autre des partenaires, ou avec le couple. Sachant que le moteur du désir est le plaisir, on s'efforce de renforcer les sources du désir externes (sensorielles : tactile, visuelle, olfactive...) et internes (fantasmatiques). Certaines techniques paraissent utilisables par des généralistes formés, comme la relaxation de Schultz*, qui diminue le stress, autorisant une meilleure perception du corps, et un meilleur lâcher prise. Des traitements médicamenteux sont indiqués en cas de dépression (choisir les antidépresseurs les moins susceptibles d'action iatrogène) ou d'anxiété excessive ; les autres molécules (Biotone, Yse glutamique, Yohimbine) ont une efficacité plus aléatoire.
Enfin, il faut identifier le moment où le recours à ses correspondants devient indispensable : d'emblée (si le trouble est primaire et important) ou si les traitements entrepris ne redonnent pas au couple un vécu satisfaisant.

* Le training autogène de Schultz est la méthode de relaxation utilisée le plus souvent par les psychiatres. Il a été créé en 1932 par J.H. Schultz.

 

 

Source : www.33docavenue.com