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INFO SANTE

Les insomnies

 

 

 

Nous passons un tiers de notre vie à dormir. Pourtant, de nombreux français ne sont pas satisfaits de la qualité de cette période nocturne. Difficultés d’endormissement, réveil nocturnes intempestifs, réveils matinaux précoces… Près de 60% des français souffrent d’insomnie. Moins anodin qu’il n’y paraît, le manque de sommeil répété peut avoir des répercussions gênantes tout au long de la journée : tendance à la somnolence, troubles de l’attention, difficultés de concentration. Comment éviter ces désagréments et retrouver un sommeil réparateur ? Nos conseils.

 

* Qu’est-ce que l’insomnie ?

 

L’insomnie ne se résume pas en l’absence pure et simple de sommeil. Elle peut s’exprimer de différentes manières, suivant l’âge ou les conditions de vie de chacun. En règle générale, elle se caractérise par un endormissement de plus en plus difficile, un sommeil entrecoupé de cauchemars, de réveils fréquents… Le plus souvent l’anxiété, le stress dû au travail ou une dépression sont à l’origine de ce trouble. Difficiles à quantifier, les besoins de sommeil sont variables d’une personne à l’autre.

La durée moyenne est de huit heures. Cependant, certaines personnes ont besoin de neuf à dix heures de sommeil, d’autres six à sept heures, et près de 5% des français dorment seulement quatre heures par nuit. Ces « petits dormeurs » ne doivent pas être pour autant considérés comme des insomniaques.

 

Avant d’initier un traitement, il est très important de déterminer pourquoi on dort mal.

-          Les insomnies occasionnelles sont liées à un événement ou un environnement particulier. Elles disparaîtront avec la situation responsable.

-          Les insomnies à court terme sont généralement provoquées par le stress, les soucis, l’énervement… Elles doivent durer moins de 3 semaines

-          Après plusieurs mois ou même plusieurs années, on parle d’insomnies chroniques qui nécessitent une consultation médicale.

 

Selon le moment où elles surviennent, on distingue :

-          Les insomnies d’endormissement qui constituent près de deux tiers des cas et concernent surtout les personnes anxieuses. Le sommeil se fait attendre, les soucis envahissent la pensée. C’est l’insomnie par afflux d’idées de l’hyperactif, c’est aussi celle d’une personne dérangée dans ses habitudes du soir par une préoccupation occasionnelle ou par un changement d’horaire.

-          Les insomnies de fin de nuit… Après quelques heures de sommeil, la personne s’éveille et malgré ses efforts, elle ne peut se rendormir. Ces insomnies peuvent être liées à un état dépressif.

-          Les éveils répétés. Le sommeil ne peut atteindre la profondeur nécessaire à un bonne récupération. C’est souvent le cas des personnes âgées qui ne savent plus comment occuper leurs nuits et somnolent le jour. C’est aussi le cas des personnes souffrant d’affections douloureuses.

 

 

* Les différentes phases de sommeil.

 

Chez l’homme, le sommeil est caractérisé par la perte de conscience du monde extérieur et un ralentissement relatif des fonctions de l’organisme.

Des enregistrements électro-encéphalographiques menés pendant le sommeil ont montré deux états très différents : le sommeil rapide ou paradoxal et le sommeil lent ou ordinaire.

 

Le sommeil lent est lui-même divisé en quatre stades et dure de 1h10 à 1h40 en moyenne par nuit. Les deux premiers stades constituent le sommeil « lent léger » et les deux derniers, le sommeil « lent profond » :

-          Le stade 1 est celui de l’endormissement : les muscles commencent à se relâcher, les activité visuelles régressent, suivies par celles de l’ouïe. Les activités intellectuelles deviennent de plus en plus en plus confuses.

-          Le stade 2 est celui du sommeil lent léger. Il occupe près de la moitié de la durée totale du sommeil. L’activité musculaire est presque nulle.

-          Le stade 3 est une période de transition entre le sommeil léger et profond.

-          Le stade 4 est celui du sommeil lent profond qui occupe de 20 à 25% de la durée totale du sommeil. Il correspond à une période de réparation physique et métabolique. D’ailleurs, cette phase s’allonge en cas d’activité physique intense ou de manque de sommeil. Le sommeil profond est difficile à interrompre. Si le dormeur est réveillé durant ce stade, il se trouve dans un état de confusion très inconfortable.

 

* Les médicaments de l’insomnie.

 

Les français sont les champions de la consommation de somnifères. Les personnes atteintes d’insomnie chronique sont souvent tentées d’avoir recours à des somnifères. Ces médicaments sont utiles, mais ils doivent être pris à bon escient car ils présentent un certain nombre d’inconvénients. En effet, le sommeil induit par les somnifères n’est pas un sommeil normal. La plupart d’entre eux diminuent la durée du sommeil paradoxal qui est indispensable à un bon repos. De plus, les somnifères exposent au danger de la dépendance qui se traduit par le besoin d’utiliser le produit et d’en augmenter progressivement les doses car l’organisme est « accoutumé ».

Il faut donc éviter la prise prolongée de somnifères et surtout l’auto-médication. La persistance d’une insomnie nécessite une consultation médicale.

La plupart des somnifères ne sont remis que sur ordonnance et le pharmacien ne peut pas les délivrer à votre demande.

Il existe d’autres moyens (phytothérapie, homéopathie) que le pharmacien peut vous conseiller pour induire le sommeil, en cas d’insomnies légères.

 

 

* Les troubles du sommeil chez l’enfant.

 

L’enfant dort beaucoup plus que l’adulte. Dans la journée, les jeunes enfants ont besoin d’une sieste d’environ deux heures (un cycle complet).

La proportion du sommeil paradoxal est également très différente ; 60% chez le nouveau-né contre environ 15% chez l’adulte. Au fur et à mesure que la maturité cérébrale avance, la proportion de sommeil paradoxal diminue, ainsi la durée totale du sommeil.

Outre les poussées dentaires et les affections fébriles diverses, les troubles du sommeil de l’enfant ont des origines diverses selon l’âge.

Dans les premiers mois, le réveil nocturne accompagné de cris traduit souvent un besoin alimentaire. Donner une tétée ou un biberon supplémentaire s’impose alors.

Plus tard, le sommeil de l’enfant dépend de sa vie affective et des conditions de vie (garde de l’enfant, arrivé d’un autre enfant dans la famille…). Les terreurs nocturnes sont fréquentes entre 2 et 6 ans. Au réveil, l’enfant n’en conserve aucun souvenir.

Si ces phénomènes persistent au-delà de 7 ans, consulter un médecin.

 

 

Source : Info Santé septembre 2001 (disponible chez votre pharmacien)

Info Santé est édité par le Groupe Impact Médecin

1, rue Paul Cézanne 75375 Paris Cédex 08

Rédacteur en chef : Didier Laurens