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INFO SANTE

 

Les rhumatismes

 

 

 

 

* Les 1001 rhumatismes.

 

Des douleurs qui réveillent, qui gênent les mouvements et limitent l’activité, des articulations gonflées… L’automne annonce pour beaucoup le retour ou l’aggravation des rhumatismes. Mais ce terme, bien souvent confondu avec celui de l’arthrose (voir ci-dessous), correspond en fait à des centaines de maladies. Aigus ou chroniques, bénins ou sévères, atteignant enfants ou vieillards…, ces 1001 rhumatismes seront identifiés par le médecin, généraliste ou rhumatologue. Les douleurs articulaires peuvent se nicher n’importe où puisque le corps humain comprend plus de 200 os et une centaine d’articulations. Cependant, les articulations les plus touchées sont celles des membres ou de la colonne vertébrale.

 

* Vous avez dit arthrose ?

 

Tous les rhumatismes ne sont pas de l’arthrose ! De nombreuses maladies, aiguës ou chroniques, infectieuses ou non, peuvent s’accompagner de douleurs articulaires.

Ainsi, la spondylarthrite ankylosante est un rhumatisme chronique d’origine inflammatoire, qui évolue par poussées. Cette maladie se déclare chez l’adulte jeune, plus souvent chez l’homme que chez la femme. Les articulations du bassin, de la colonne vertébrale et des membres (en particulier du talon) sont les plus touchées.

D’autres organes, notamment l’œil, peuvent être atteints par la maladie. Autre rhumatisme inflammatoire « classique », la polyarthrite rhumatoïde, qui, elle, est une maladie plutôt féminine. Ce rhumatisme touche en priorité les articulations des doigts et des pieds qui, au fur et à mesure des poussées se déforment de plus en plus.

 

* Reconnaître les douleurs de l’arthrose…

 

Sans qu’on ait pu définir une cause à l’arthrose, les douleurs surviennent parfois aux suites d’une fracture grave ou lésions ligamentaires mal soignées.

Âge de survenue, location et rythme des douleurs sont assez typiques. En cas de doute, le médecin prescrira des radios qui affirmeront le diagnostic et préciseront l’étendue des dégâts.

 

Âge : l’arthrose commence très tôt dans la vie mais elle reste longtemps silencieuse. Les douleurs surviennent en général à partir de la cinquantaine.

Localisation : le dos, les hanches, les doits et les genoux sont les atteintes les plus classiques. Plus rarement, l’arthrose peut attaquer les coudes, les épaules, les chevilles…

Rythme des douleurs : les spécialistes disent qu’elles sont mécaniques, c’est à dire qu’elles surviennent quand l’articulation est sollicitée. Par exemple, à la marche ou à l’effort. Comme souvent, la fatigue est un élément aggravant. Repos et sommeil sont en revanche salutaires.

 

Parfois se rajoutent des crises inflammatoires. Pendant quelques jours, la douleur devient plus intense et permanente, l’articulation est chaude, rouge et gonflée. En début d’évolution, les douleurs mécaniques sont épisodiques puis, en quelques années, elles deviennent de plus en plus régulières, et enfin carrément permanentes.

A ce stade, le malade est très gêné dans sa vie quotidienne, car il est obligé de limiter ses mouvements pour atténuer les douleurs. Ainsi, un malade atteint d’arthrose de la hanche ou du genou va de moins en moins marcher. Au pire, au bout de nombreuses années, l’articulation va finir par se détruire complètement et la prothèse devient la seule solution.

En France, chaque année, les complications de l’arthrose conduisent à poser près de 50 000 prothèses de hanche et 20 000 prothèses de genou.

 

* L’ostéoporose.

 

Un col du fémur ou un poignet qui se casse lors d’une simple chute, un tassement de vertèbre… La plupart des personnes âgées savent qu’elles sont menacées par l’ostéoporose. Cette maladie débute en effet bien avant ces grosses fractures. Elle atteint tout le squelette et se caractérise par une perte de masse osseuse et des anomalies de l’architecture de l’os.

Les femmes y sont bien plus sensibles que les hommes, à partir de la ménopause. En effet, la chute du taux d’œstrogènes a un effet défavorable sur les os. Le risque d’ostéoporose est donc d’autant plus élevé que la ménopause est précoce, qu’elle soit naturelle ou artificielle (après la chirurgie ou un traitement). D’autres facteurs influencent sa survenue : tabagisme, alcoolisme, prise de certains médicaments (corticoïdes au long cours par exemple)… Il existe aussi un terrain familial, et plusieurs gènes ont déjà été identifiés. La prévention repose sur un mode de vie équilibrée : régime varié, suffisamment riche en calcium et en vitamine D ; activité physique régulière ; et pour les femmes, un traitement hormonal substitutif (THS) après la ménopause, à condition de le poursuivre longtemps. Il n’est jamais trop tard pour initier un THS, même en cas d’ostéoporose avérée. Le traitement ne pourra compenser totalement la perte osseuse, mais il permettra de diminuer le risque de fatigue.

 

* Les médicaments…

 

Aspirine ou paracétamol ? Ces deux antalgiques de base, disponibles sans ordonnance, sont en général les médicaments à essayer en premier lors de douleurs rhumatismales.

Malgré ces 100 ans, l’aspirine n’est pas à ranger au placard. Il faut savoir qu’à faibles doses (1 à 2 grammes par jour), elle agit uniquement comme antalgique ; au-delà, elle a aussi un effet anti-inflammatoire. Aspirine et paracétamol ont des contre-indications qu’il faut respecter, sans augmenter les doses s’ils ne semblent pas efficaces. Car au-delà de 4 grammes par jour, le risque d’effet secondaire augmente, pas l’effet antalgique ! Dans ce cas, mieux vaut consulter son médecin traitant qui pourra choisir des antalgiques plus puissants (à base de codéine ou de dextropropoxyphène, par exemple) ou encore des anti-inflammatoires. Il existe 2 types d’anti-inflammatoires : les corticoïdes, dérivés de l’hormone cortisone, et les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), c’est à dire no dérivés de cette hormone. En pratique, ces derniers sont les plus utilisés. Les dérives de la cortisone sont prescrits le plus souvent en infiltrations locales, lors de période de crise. Il existe aussi des traitements dits « de fond » dont l’objectif est de ralentir l’évolution de la maladie. C’est le cas des antiarthrosiques, dont plusieurs sont commercialisés en France. Leur tolérance est bonne mais leur efficacité reste limitée.

Les traitements dits naturels (phytothérapie…) représentent une alternative pour certains.

 

 Et les autres traitements

 

L’acupuncture peut être proposés dans de nombreux rhumatismes. Elle est d’autant plus efficace qu’elle est débutée tôt. L’effet bénéfique sur la douleur obtenu en quelques séances. Mais cette thérapeutique est inutile en cas de polyarthrite rhumatoïde ou de rhumatisme infectieux.

La kinésithérapie fait appel à plusieurs techniques pour soulager les douleurs : massages, termothérapie (par application de boue chaude ou de paraffine…) ; électrothérapie avec des courants de basse ou moyenne tension ; traitement par ondes électromagnétiques (laser, ultrasons)… Le choix est fait en fonction du type de douleur, du patient et d’éventuelles contre-indications.

Thalassothérapie et cures thermales : dans les cas les plus favorables, l’effet de la cure persiste plusieurs mois et permet un arrêt partiel ou total des médicaments.

L’ostéopathie s’adresse surtout aux douleurs mécaniques ou post-traumatiques. Les manipulations et autres techniques pratiquées par les ostéopathes peuvent apporter un réel soulagement, surtout si la maladie est récente. Dans tous les cas, il faut s’adresser à un médecin correctement formé à ces gestes.

 

 

Source : Info Santé octobre 2001 (disponible chez votre pharmacien)

Info Santé est édité par le Groupe Impact Médecin

1, rue Paul Cézanne 75375 Paris Cédex 08

Rédacteur en chef : Didier Laurens