<<< retour à la page d’accueil

 

 

 

INFO SANTE

 

Les antibiotiques

 

 

 

 

Qui n’a jamais pris d’antibiotiques ? Sans aucun doute une minorité de français. En effet, ces médicaments sont destinés à lutter contre les infections dues à des bactéries, qui sont très fréquentes dès le plus jeune âge. Quoi de plus banal qu’une cystite, une angine, une rhinopharyngite… ?

Pour autant, les antibiotiques ne sont pas des traitements anodins, c’est pourquoi ils ne sont accessibles que sur prescription médicale. Dans le vaste arsenal de produits sur le marché, le médecin fait son choix en fonction du type d’infection, mais aussi de critères liés au patient (tels que l’âge, l’existence d’allergies…).

 

* Une action ciblée.

 

Les antibiotiques sont soit des substances naturelles produites par des micro-organismes (c’est par exemple le cas de la pénicilline, le premier antibiotique découvert dans les années 30 par Alexander Flemming), soit des substances synthétisées en laboratoire, dérivées ou non de produits naturels. Ils agissent sur les bactéries en les détruisant ou en les empêchant de se multiplier. Les antibiotiques sont regroupés par famille, chaque famille ayant son mode d’action particulier.

En raison de ce mode d’action particulier, chaque molécule (et donc chaque famille) n’est efficace que sur un nombre défini de bactéries. Les spécialistes parlent de spectre de l’antibiotique. Plus un antibiotique détruit de types de bactéries différents, plus son spectre est large.

Le plus souvent, c’est la même bactérie, ou la même famille de bactéries, qui se retrouve dans une infection donnée. Le médecin peut donc prescrire le produit le mieux adapté à priori. Ainsi, les infections cutanées de type impétigo sont souvent dues à des streptocoques ou des staphylocoques ; les cystites à des colibacilles, aussi appelés Escherichia coli.

 

* Des traitement parfois très longs… Ou en cure.

 

Dans la majorité des infections, cinq à dix jours de traitement avec un seul antibiotique suffisent pour guérir. C’est le cas par exemple des angines, des otites, de certaines gastro-entérites… Parfois, le traitement doit cependant être bien plus long et associer deux molécules. Soit parce que l’infection touche un organe profond sur lequel il est difficile d’agir, soit parce que le germe est très difficile à stériliser. Ainsi une infection osseuse nécessite au moins 4 à 6 semaines d’antibiotiques, un abcès pulmonaire quatre à huit semaines. Lais les records sont détenus par des infections comme la tuberculose, due au bacille de Koch, ou la lèpre, due à un bacille proche. Dans ces 2 maladies, le traitement fait appel à 2,3 voire 4 antibiotiques et dure de 6 mois à plusieurs années.

 

* L’antibiogramme.

 

Dans la majorité des cas, le médecin peut prescrire l’antibiotique à priori le mieux adapté simplement en examinant son patient. Quand le diagnostic est moins évident, il faut vérifier que la bactérie en cause est effectivement sensible à l’antibiotique que l’on veut prescrire. C’est notamment le cas à l’hôpital ou les infections peuvent être graves et complexes, et les germes très résistants. Un prélèvement est alors effectué pour identifier précisément la bactérie (selon le cas dans les urines, le sang, un organe…). Ensuite, au laboratoire, les bactériologistes testent divers antibiotiques sur ce germe, pour voir lesquels sont les plus efficaces.

S’il est actif sur le germe en question, l’antibiotique inhibe sa croissance selon un cercle concentrique plus ou moins grand selon sa sensibilité au germe.

L’obtention des résultats nécessite un peu de patience, car ils ne sont disponibles qu’au bout de quelques jours.

 

* Les bactéries font de la résistance.

 

Au fur et à mesure, les bactéries ont appris à développer des systèmes ingénieux de résistance à l’agression par les antibiotiques. Du coup, ces dernières décennies, les antibiotiques ont perdu de leur efficacité, et les maladies que l’on croyait maîtrisées son même réapparues. Ce phénomène prédomine dans les pays industrialisés. Il est lié à plusieurs facteurs : la surconsommation d’antibiotiques (en 10 ans, leur consommation par personne et par an a doublé en France) ; des traitements trop courts ou trop longs ou encore à des doses inappropriées. Le recours intensif à des antibiotiques dans l’élevage animal industriel joue aussi un rôle non négligeable.

Pour lutter contre ce phénomène inquiétant, les chercheurs tentent de mettre au point de nouvelles molécules. Mais le plus important est de rationaliser la consommation de celles existant déjà. C’est pourquoi il et primordial de respecter la dose prescrite, pendant la durée prescrite. Enfin, des mesures d’hygiène simples (lavage des mains), peuvent contribuer à réduire les épidémies comme celles de bronchiolites par exemple.

 

* Comprimés, pommades, injections…

 

Dans les infections courantes, les antibiotiques se prennent souvent par voie orale (c’est-à-dire par la bouche), selon les cas en comprimés, gélules, poudres, sirops… Il existe aussi des formes injectables, en injections intramusculaires ou intraveineuses, majoritairement utilisées à l’hôpital. Lorsque l’infection est localisée et superficielle (par exemple sur la peau, dans les yeux, le nez, ou les oreilles), il est possible de recourir à des antibiotiques locaux, sous forme de pommades, crèmes collyres… Cette solution permet de concentrer l’antibiotique sur la zone malade, tout en diminuant le risque d’effets secondaires puisque le produit passe très peu dans le sang.

 

* Des allergies rares mais graves !

 

Beaucoup de personnes sont persuadés d’être allergiques à la pénicilline. En réalité, les véritables réactions allergiques à cette famille d’antibiotiques, appelée bêtalactamines, sont très rares. Elles concernent 0,01% à 0,05% des traitements. La difficulté est de savoir s’il s’agit d’allergies réelles à ce type d’antibiotiques ou de simples pseudo-allergies marquées par une banale éruption cutanée. De telles réactions sont particulièrement fréquentes lorsque l’antibiotique est prescrit au cours d’une mononucléose infectieuse (due à un virus), ou chez des personnes prenant d’autres médicaments. Enfin, il faut savoir aussi que les allergies aux antibiotiques peuvent exister avec n’importe quelle famille.

Comme toutes les allergies médicamenteuses, leur présentation peut être très variée : urticaire, plaques rouges localisées ou diffuses, œdème, prurit… Les réactions graves, de type choc anaphylactique, restent exceptionnelles. En outre, certaines familles d’antibiotiques, comme les quinolones ou les tétracyclines, peuvent induire des réactions cutanés au soleil. En cas d’éruption suspecte sous antibiotique, le plus logique est de prévenir rapidement son médecin. Si nécessaire, il prendra la décision d’arrêter le produit et éventuellement de le remplacer. Il faudra alors mentionner que l’on y est allergique à chaque prescription d’antibiothérapie. Dans certains cas, des tests pourront confirmer ou non le dagnostic.

 

* Un traitement parfois préventif.

 

Dans des contextes très particuliers, des antibiotiques peuvent être prescrits en traitement « flash », c’est à dire en une ou quelques prises, pour prévenir des infections bactériennes. C’est le cas par exemple dans l’entourage d’un patient qui a fait une méningite à méningocoque. Cette pratique existe aussi pour des malades à risque d’infection grave, avant un geste médical ou chirurgical. Ainsi, chez certains cardiaques devant subir des soins dentaires, une courte antibiothérapie préalable permet de prévenir le risque d’endocardite, c’est-à-dire l’infection par une bactérie d’une valve cardiaque.

 

* En une seule prise.

 

Le plus souvent, un traitement antibiotique est instauré pour plusieurs jours. Certaines infections peuvent cependant se soigner en une seule prise. C’est le cas des infections urinaires basses (cystites) ou de certaines maladies sexuellement transmissibles. Dans ce dernier cas, outre le confort pour le patient, ce type de traitement a le grand avantage d’arrêter la contagion.

 

 

Source : Info Santé novembre 2001 (disponible chez votre pharmacien)

Info Santé est édité par le Groupe Impact Médecin

1, rue Paul Cézanne 75375 Paris Cédex 08

Rédacteur en chef : Didier Laurens