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INFO SANTE

 

Les troubles digestifs

 

 

 

 

Brûlures, ballonnements, pesanteur gastrique, troubles du transit de type diarrhée, constipation, nausées… Les troubles digestifs sont nombreux, variés, fréquents mais heureusement souvent bénins. Cette diversité n’a rien d’étonnant, sachant que le « tube digestif » est un organe qui fait des dizaines de mètres de long, et qu’il est constitué de multiples tissus très différents par leur nature et leur fonction…

* Quels symptômes pour quelle maladie ?

Les ulcères. Des crampes en haut de l’abdomen, à distance des repas, soulagées par l’alimentation… Pas de doute, pour les médecins, ces symptômes évoquent en premier lieu un ulcère digestif. En réalité, des signes aussi typiques ne se rencontrent que dans un cas sur trois en moyenne. La plupart du temps, les douleurs sont moins franches. L’ulcère peut même être découvert par un examen digestif (fibroscopie) alors que le malade ne se plaint de rien. L’ulcère correspond en fait à une perte de substance, un trou superficiel en quelque sorte, dans la paroi de l’estomac ou du duodénum. Rarement, cette lésion peut se compliquer d’hémorragie ou de perforation, par exemple… Volontiers récidivant, l’ulcère est favorisé par le stress, le tabagisme ou la prise de certains médicaments (type aspirine et anti-inflammatoires). Depuis quelques années, on connaît un nouveau coupable : une bactérie nommée Helicoacter pylori. Ce germe est présent dans le tube digestif de 40% de la population et chez 80 à 90% de ceux qui souffrent d’ulcère. C’est pourquoi certains de ces patients sont invités à suivre un traitement par antibiotiques.

Le reflux gastro-oesophagien, l’oesophagite. Quoi de plus fréquents que des brûlures d’estomac ? 5 à 10% des français disent présenter au moins un épisode par jour, 30 à 45% au moins une fois par mois ! Dans les cas les plus atypiques, les patients décrivent une brûlure rétrosternale (derrière le sternum) ascendante ou des régurgitations acides. Mais, comme dans l’ulcère, ce n’est pas toujours aussi simple. Chez un malade sur 2, les douleurs sont moins évocatrices, ou le reflux se manifeste pas d’autres signes : hoquet, nausées… En tout cas, ces symptômes sont considérés comme gênants, voire handicapants, par de nombreux malades.

Comme son nom l’indique, le reflux gastro-oesophagien est le passage à rebours d’une partie du contenu de l’estomac vers l’œsophage. Conséquence, la paroi de l’œsophage, qui n’est pas prévue pour accueillir des liquides aussi acides, devient inflammatoire. Et, à terme, cette oesophagite peut se compliquer d’ulcère, d’hémorragie ou de rétrécissement (sténose) de l’œsophage. Dans de rares cas, les modifications de la paroi peuvent même aboutir à un cancer de la parti basse de l’œsophage. D’où l’intérêt de se traiter, même si la gêne n’est pas majeure.

La calopathie fonctionnelle. La calopathie fonctionnelle, aussi appelée côlon irritable, est maladie bégnine et chronique du gros intestin qui touche un adulte sur trois. Elle se manifeste par des symptômes variés : douleurs abdominales, ballonnements, gaz, troubles du transit (constipation et/ou diarrhée)… évoluant par poussées. Assez fréquentes chez les sujets anxieux, les calopathies peuvent évoluer par crises. Un examen de l’intestin (coloscopie) peut être utile pour éliminer d’autres maladies du côlon. Les causes de la colopathie fonctionnelle ne sont pas vraiment connues, mais des troubles de la motricité de l’intestin ou une hypersensibilité des organes digestifs sont souvent évoqués.

* Pansements digestifs, antiacides…

Qui n’a jamais pris un pansement digestif, pour soulager des brûlures à l’estomac ? De nombreux médicaments, accessibles sans ordonnance, sont sur le marché. Les pansements digestifs tapissent l’intérieur de l’estomac et protège en partie ses parois de l’acidité. Certains sont à base d’argile, d’autres à base de gomme (gomme dite Karaya). Quant aux antiacides, ils neutralisent l’acide chlorhydrique sécrété par l’estomac. Ces m »dicaments contiennent des sels d’aluminium, de phosphore… Ces produits sont généralement efficaces sur les symptômes, et cela très rapidement. Mais attention, les troubles digestifs reviennent vite dès que l’on arrête de les prendre. Et il est préférable de ne pas en consommer longtemps, pour ne pas endommager les reins. En fait, si les douleurs persistent, une consultation médicale est souvent préférable, pour ne pas méconnaître une maladie, ulcère par exemple, qui requiert un traitement spécifique.

Les antiulcéreux. Longtemps, les ulcères ont été traités par la chirurgie, car il n’existait pas de médicaments efficaces. Des molécules plus puissantes ont commencé à apparaître dans les années 70, elles permettent de soigner les ulcères, mais aussi les reflux gastro-oesophagiens. Les plus utilisés sont appelés antisécrétoires, parce qu’ils inhibent la sécrétion d’acide gastrique. Il en existe plusieurs types, dont les principaux sont les antihistaminiques H2 et les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP). Un traitement antibiotique peut-être associé, en cas d’infection prouvée à Helicobacter pylori. La durée du traitement est de plusieurs semaines. La plupart de ces médicaments ne peuvent être obtenus que sur ordonnance. Cependant, depuis juillet 1999, quelques produits sont disponibles en automédication pour le reflux gastro-oesophagien, dans des dosages faibles.

* Les étapes de la digestion.

Dans la bouche, les aliments sont mâchés et mélangés à la salive, formant ce que l’on appelle le « bol alimentaire ». Celui-ci est ensuite dégluti par petites fractions dans l’œsophage et arrive ainsi jusqu’à l’estomac, qui est le premier réservoir.

Les aliments y séjournent plusieurs heures (environ 6), durée pendant laquelle ils sont à la fois broyés par les contractions de l’estomac et dégradés par les sucs gastriques qui sont très acides. Ils sont ensuite évacués vers l’intestin grêle, où ils continuent à être propulsés et digérés, cette fois par les sécrétions du pancréas et de la vésicule biliaire. (provenant de la vésicule). Les résidus obtenus seront progressivement assimilés ou éliminés.

L’intestin grêle, qui mesure plus de 6 mètres, est la portion la plus longue du tube digestif. Il se prolonge par le côlon d’une longueur d’environ 1,50m, et d’un diamètre trois à quatre fois supérieur à celui de l’intestin grêle. Le tube digestif se termine par le rectum, puis l’anus, système de sphincter (c’est à dire de robinet) qui fait la jonction avec la peau. Le contenu du rectum et sa distension sont l’indicateur qui permet de déclencher l’ouverture de l’anus et l’évacuation des selles.

* Digérer pour quoi faire ?

Transformer les aliments en nutriments utilisables par nos cellules, tel est le rôle principal des organes du tube digestif. Des enzymes assurent la dégradation, puis des membranes se chargent de diffuser, dans le sang, les constituants utiles et d’éliminer ceux qui sont inutiles ou nocifs. Grâce à sa grande capacité, l’intestin peut constituer des réserves, pour alimenter en permanence nos cellules en énergie.

Source : Info Santé janvier 2002 (disponible chez votre pharmacien)

Info Santé est édité par le Groupe Impact Médecin

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Rédacteur en chef : Didier Laurens