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PREVENTION

 

Pollution intérieure : la maison empoisonnée !

 

Acariens, produits d’entretien, plantes, tabagisme passif, chauffage mal réglé, ventilation insuffisante : la pollution de l’air intérieur préoccupe les spécialistes…

 

 

 

 

L’air des villes devient irrespirable : vite ! Trouvons refuge dans notre nid douillet, à l’abri de la pollution ambiante.

« Home sweet home », dïtes-vous? Rien n’est moins sûr. A en croire les spécialistes, la maison est au contraire une jungle menaçante tendue de pièges sournois où nous guettent intoxications, allergies et autres atteintes respiratoires ou neurologiques…

’’Le logement n’est pas un cocon protégé, mais le siège d’une pollution spécifique, par les allergènes et les produits chimiques qui, à mon sens, est plus préoccupante pour la santé que la pollution extérieure, car nous y sommes exposés 90% du temps’’ explique le Pr Denis Charpin, chef du service de pneumologie de l’hôpital Nord (Marseille).

 

Ennemi domestique n°1

 

Voyez ce bambin qui joue paisiblement dans sa chambre, sur une moquette et avec des peluches… infestées d’araignées minuscules. Classés ennemi numéro 1 par les allergologues, les acariens (ou plutôt leurs crottes) sont la cause courante des rhinites à répétition, toux et crises d’asthme chez les enfants allergiques.

 

Pollution du sol au plafond

 

Mais bébé n’est pas plus en sécurité au salon, où la cigarette de papa diffuse une concentration de polluants chimiques qui entraînerait l’évacuation d’urgence des populations si ces taux étaient enregistrés en ville ! Effets sur sa santé ? Rhinites, bronchites, pharyngites à répétition, du fait de l’affaiblissement de ses défenses immunitaires. Plus dangereux encore, ce chauffage d’appoint au kerdane, non-raccordé à un conduit d’évacuation. Chaque année, l’oxyde de carbone provoque plusieurs décès par intoxication.

Un tour dans la cuisine ? Passons sur la cuisinière à gaz mal ventilée (filtre de hotte aspirante saturé), évitons d’écraser la blatte qui se faufile (les débris de son corps sont allergisants) ; et voyons les nettoyants ménagers et autres solvants (composés organiques volatiles) qui polluent l’air de nos maisons. Le toluène notamment, présent également dans des colles, vernis et adhésifs pour tissus muraux peut provoquer des troubles neurologiques (perte de mémoire, nausées) voire des atteintes hématologiques…

Méfiez-vous encore du pentachlorophénol (PCP) présent dans les charpentes et les parquets. Utilisé pour le traitement du bois, ce fongicide peut entraîner de fâcheux effets secondaires : fatigue, céphalées, insomnies, transpiration excessive, nervosité…

Autre piège : la peinture au plomb, toujours présentes dans de nombreux logements anciens. Attirés par son goût sucré, des enfants sont chaque année touchés par le saturnisme infantile, qui provoque des lésions neurologiques gravissimes et irréversibles.

N’oublions pas le redoutable formaldéhyde, composé chimique commun, utilisé dans les bois agglomérés, les colles et résines, les peintures, les tissus d’ameublement et les mousses urée-formol employées dans les années 60 pour l’isolation thermique. Une exposition prolongée peut provoquer des difficultés respiratoires, saignements de la muqueuse nasale, maux de tête et effets neuropsychologiques (perte de mémoire, déprime).

Autant dire que même en rasant les murs, il n’est pas certain de sortir indemne de la maison de tous les dangers…

 

Sophie Manelli. La Provence