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PREVENTION :

 

Tabagisme féminin.

 

 

 

 

 

           Dans l’ensemble du monde, 12% des femmes fument. Mais dans les pays économiquement développés, elles sont 24% à fumer et selon l’Organisation mondiale de la santé, c’est en Europe et aux Etats-Unis qu’elles fument le plus. Parmi les pays européens, la France a le triste privilège de se situer dans le peloton de tête avec le Danemark et les Pays-Bas.

 

 

          Si on assiste depuis les années 70 à une très légère décrue du tabagisme des adultes, c’est surtout aux hommes qu’on la doit puisque leur proportion parmi l’ensemble des fumeurs décroît progressivement tandis que celle des femmes augmente. Et fait particulièrement important, chez les jeunes, ce sont les filles qui fument le plus : à 15 ans, elles sont 37,7% à déclarer fumer, ne serait-ce que de temps en temps, contre « seulement » 24,5% pour les
garçons du même âge.

 

 

          Cette évolution est une catastrophe sanitaire car les femmes vont payer un très lourd tribut au tabac. D’abord parce qu’elles sont exposées aux mêmes maladies induites par le tabac que celles qui frappent les hommes mais avec des impacts supplémentaires :

-          à consommation égale, les femmes semblent plus sensibles que les hommes, notamment vis-à-vis du risque de cancer du poumon ;

-          le tabagisme accroît le risque ostéoporotique, chez l’homme comme chez la femme mais cette dernière à déjà, sans le tabac, un risque plus grand que celui de l’homme (ostéoporose post-ménopausique) ;

-          le tabagisme maternel a des effets délétères sur le développement embryofoetal ;

-          enfin, tabagisme et contraception orale font très mauvais ménage avec un risque accru d’accident vasculaire cérébral.

 

          Un rapport sur cette catastrophe sanitaire vient d’être publié par la Ligue nationale contre le cancer avec le réseau « Hôpital sans tabac » et la MNH (Mutuelle nationale des hospitaliers et des personnels de santé). Il a l’immense mérite d’en détailler les conséquences et d’en analyser les causes, notamment un marketing bien ciblé qui exploite une quête d’émancipation. Après celle-ci, la peur de la prise de poids, le mythe de la cigarette légère, des produits adaptés à la féminité… sont autant de pièges tendus aux femmes comme d’autres l’ont été ou le sont encore aux jeunes et aux plus démunis.