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GERIATRIE : GENERALITES, METHODES et THEORIES

 

 

La médecine de la vieillesse, ou gériatrie, est indissociable de l'étude du vieillissement, processus biologique naturel, lent et régulier qui précède souvent la vieillesse et dont la cause est encore inconnue, même si les mécanismes en sont de mieux en mieux connus des gérontologues. Le vieillissement est l'ensemble des conséquences de l'action du temps sur les êtres vivants; il n'est pas spécifique de la dernière partie de la vie, mais commence dès la fécondation et ne cesse qu'à la mort.

La médecine l'associe à une détérioration de l'organisme, marquée principalement par des aspects morphologiques particuliers, une plus faible résistance, une perte de la capacité fonctionnelle, une augmentation de la morbidité (nombre de maladies chroniques et handicaps) et de la mortalité (augmentation du risque de mort).

Le vieillissement est donc aussi un phénomène universel, endogène, progressif et délétère: il concerne tous les individus d'une même espèce, quel que soit leur milieu, et ne se présente pas comme une maladie aiguë mais comme un facteur défavorable un de ses principaux signes est la diminution des capacités de réponse aux agressions.

* Les méthodes d'étude du vieillissement.

Objet d'étude particulièrement délicat, le vieillissement dépend du vécu de l'individu (qui intègre les aspects alimentation, activité physique, éducation, vie sociale): ne dit-on pas de certaines personnes qu'elles paraissent «moins (ou plus) que leur âge»? Cependant, il n'existe pas d'«âge biologique» qui serait plus significatif que l'âge civil: le vieillissement atteint aussi différemment les fonctions d'un même individu; il n'est donc pas certain non plus que l'on ait «l'âge de ses artères», comme tendrait à le faire croire la sagesse populaire.

Les paramètres biologiques ne suffisent pas à définir le processus: par exemple, le vieillissement artériel, ou athérosclérose, touche, à des degrés très variables, tous les individus avec le temps, le calibre des vaisseaux diminue, en raison de la perte d'élasticité de leurs fibres et de l'accumulation de cholestérol. Mais il est difficile de tracer la frontière entre vieillissement biologique et maladie, car l'hypercholestérolémie, l'hypertension artérielle ou encore le diabète sont autant de facteurs qui viennent accélérer le vieillissement intrinsèque des artères.

* Les méthodes transversale et longitudinale.

L'étude des paramètres biologiques, allant cliniquement de pair avec l'altération des capacités fonctionnelles, se heurte à un problème de méthodologie, car on ne dispose logiquement que de deux voies d'étude: suivre des sujets d'âge différent (méthode transversale) ou suivre un même individu sur une période de sa vie (méthode longitudinale). La première, facile à réaliser, est peu fiable: un puissant effet de génération apparaît, des sujets ayant eu, selon leur époque de naissance, des conditions de vie différentes; la seconde, très fiable, est délicate à mener à bien sur vingt ou trente ans. Les études cliniques du déclin des fonctions avec l'âge, faites dans les années 1960 et 1970, sont aujourd'hui largement mises en doute, car elles séparent mal les manifestations liées au vieillissement de celles liées aux conséquences des maladies, et se fondent sur une approche transversale.

* Le vieillissement biologique.

Notre corps est composé de plusieurs milliards de cellules regroupées en tissus. Le vieillissement est caractérisé, dans la plupart des organes, par la diminution du nombre de cellules; or certaines (dans le cerveau et les muscles) sont présentes en quantité limitée: on a même pu constater que le cerveau «maigrit» de 2 % de son poids tous les dix ans à partir de l'âge de 50 ans, tandis que les muscles perdent 40 % de leur poids entre 25 et 80 ans. De telles pertes irrémédiables entraînent des altérations fonctionnelles: les muscles s'atrophient et deviennent plus faibles, les sens (vue ou audition) et certaines fonctions cognitives (mémoire immédiate, par exemple) sont moins efficaces.

Si les autres cellules peuvent être renouvelées par l'organisme c'est le cas dans l'intestin (en une semaine) ou dans l'épiderme (en trois semaines) , le vieillissement s'accompagne ici d'une perte de leur capacité de prolifération.

Dans tous les cas, le processus, qui correspond à une usure des systèmes d'entretien des organes, est expliqué par plusieurs théories, vraisemblablement complémentaires et faisant appel à la biochimie, à la génétique et à l'évolution.

* La théorie radicalaire du vieillissement.

Les cellules, continuellement soumises à un «stress» oxydatif, ont besoin d'oxygène pour synthétiser leur carburant énergétique (l'ATP), mais ne peuvent en éliminer le surplus. Ainsi, chaque cellule produit chaque jour plusieurs centaines de milliers de «radicaux libres», dont le rôle dans le processus du vieillissement fut suspecté par D. Harman en 1956: ces molécules oxygénées possèdent un électron libre qui, cherchant à se lier à d'autres molécules, déclenche une cascade de réactions d'oxydation, lesquelles entraînent à leur tour d'importants désordres sur les molécules voisines.

Les cibles privilégiées des radicaux libres sont les lipides (acides gras insaturés) des membranes cellulaires, les polysaccharides, les protéines et les acides nucléiques. Les réactions ont de puissants effets délétères sur l'organisme: destruction des membranes, et donc des cellules et de leurs organites (mitochondries...).

Dans ces conditions, le vieillissement résulterait d'une accumulation continue de lésions cellulaires et de l'usure des mécanismes de protection contre les radicaux libres. Ces mécanismes font intervenir des systèmes enzymatiques (superoxydes dismutases, catalases et glutathion peroxydases sélénodépendantes) et des antioxydants moléculaires solubles dans les graisses (vitamine E, ß-carotène, ubiquinone) ou dans l'eau (vitamine C, taurine, acide urique). Les mécanismes de réparation des composés endommagés font aussi appel à des systèmes enzymatiques (protéases, phospholipases, ligases).

Confirmant la théorie radicalaire, la concentration de certaines molécules altérées augmente avec l'âge: les groupements carbonyles, par exemple, dosables dans les fibroblastes, sont, chez les enfants atteints de vieillissement précoce (syndrome de Werner, ou progérie), aussi nombreux que chez les personnes âgées de plus de 80 ans. Par ailleurs, et contrairement à certaines idées reçues, l'exercice physique serait, pratiqué à partir de la quarantaine, un facteur aggravant du vieillissement, car, nécessitant plus d'oxygène que le repos, il augmente la production de radicaux libres. Des chercheurs ont observé que les drosophiles auxquelles ils avaient coupé les ailes les condamnant ainsi au repos forcé vivaient deux fois plus longtemps que les autres.

* La théorie «alimentaire» du vieillissement.

Des facteurs extrinsèques, apportés par l'alimentation, entraînent peu à peu des modifications constitutives des tissus, vérifiant l'adage populaire «on creuse sa tombe avec ses dents»: l'ingestion de lipides (20 % de notre alimentation), et notamment d'acides gras saturés, conduit à une accumulation de cholestérol sur la paroi interne des artères et des vaisseaux. Le glucose (40 % de notre alimentation), principal carburant de l'organisme, dégrade en molécules non fonctionnelles de nombreuses protéines, après s'être couplé spontanément avec elles (par les réactions de glycolysation). Cette dégradation, à l'origine des taches séniles, serait impliquée dans la cataracte et le «vieillissement» du collagène, et entraînerait la perte d'élasticité de la peau, mais aussi l'épaississement de la membrane basale des artères. A contrario, elle expliquerait l'apparition précoce de ces phénomènes chez le diabétique mal équilibré.

* La théorie de la programmation génétique du vieillissement.

Confortée par l'existence d'une durée de vie caractéristique de l'espèce et par le fait que toutes les cellules sont appelées à mourir, cette théorie attribue le vieillissement à une extinction progressive et inéluctable des mécanismes cellulaires de réparation. Certains évolutionnistes pensaient, à la fin du XIXe siècle, que les individus âgés «partaient» pour laisser la place aux jeunes, diminuant ainsi une compétition pour les ressources disponibles. D'autres expliquèrent que la sélection naturelle n'a pas «éliminé» les gènes de la sénescence pour la simple raison que ceux-ci s'expriment bien après la période de reproduction.

Les cybernéticiens, quant à eux, mesurent la nécessité du vieillissement en termes d'énergie, allant jusqu'à prédire que si nous étions immortels nous ne pourrions plus nous reproduire; les aléas de l'environnement augmentent la probabilité pour chacun de disparaître, et la nature n'aurait accordé aux espèces qu'un «contrat d'entretien à durée limitée», afin de permettre la reproduction.

* Le rôle des gènes associés au vieillissement.

Les mécanismes de réparation sont contrôlés par des gènes spécifiques, sans doute ceux que l'on peut associer au vieillissement (gérontogènes): certains contrôlent la prolifération cellulaire (gènes antioncogènes ou de résistance au cancer), d'autres programment la mort des cellules (gènes de l'apoptose), d'autres encore sont responsables des mécanismes dégénératifs (gènes délétères tardifs). La localisation de gènes impliqués dans les maladies qui se traduisent par la sénescence accélérée de certaines cellules syndrome de Werner (chromosome 8), mongolisme (chromosome 21) ou maladie d'Alzheimer (chromosomes 19 et 21) vient étayer la théorie de la programmation.

* Les gènes de la longévité.

Un second groupe de gènes, dits «de longévité», ralentirait les effets néfastes des premiers. Au début de l'année 1994, des chercheurs français ont analysé, en comparant une population standard à un groupe de 338 centenaires, le gène APOE (associé à l'athérosclérose) et le gène ACE (associé aux cardiopathies ischémiques); ceux-ci présentent des structures différentes chez les centenaires. Par ailleurs, les études menées sur des populations de mouches ou de vers nématodes, à la durée de vie très élevée, ont montré que le gène de la superoxyde dismutase, impliqué dans la protection de l'organisme contre les radicaux libres, est particulièrement actif.

En élucidant les mécanismes du vieillissement, le gérontologue permet au gériatre, qui s'intéresse aux maladies des vieillards, d'améliorer les traitements; ces deux spécialistes cherchent en fait à allonger l'espérance de vie. Des conseils diététiques, tels que limiter l'absorption d'acides gras saturés, restreindre la consommation calorique, et notamment celle des sucres, sont bien connus de tous. Les essais de supplémentation en certains antioxydants, ou en vitamines et oligoéléments, mais aussi le traitement hormonal des femmes ménopausées, sont autant de stratégies qui visent à retarder la sénescence. Rien ne permet de dire néanmoins que l'on pourra un jour ajouter des années à la vie sans enlever de la vie aux années!