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SOIN QUOTIDIEN

 

La ménopause

 

 

 

* La ménopause, définition :

Lorsque la femme atteint 40-50 ans, sa production d’oestrogènes diminue, elle n’a plus d’ovulation ni de règles et son stock d’ovules s’est épuisé. Ce stade de la vie est appelé ménopause (du grec meno: mois; pause: cessation), correspondant à un "changement de vie". Le corps ne s’arrête jamais entièrement de fabriquer des oestrogènes, mais sa production diminue à des concentrations insuffisantes pour provoquer des menstruations. Toutefois, même lorsqu’il n’y a plus de règles, il peut se produire des ovulations de façon sporadique. Par conséquent, il est prudent d’être conscient qu’une conception est toujours possible dans les deux ans qui suivent l’arrêt des menstruations. La moitié des femmes n’ont plus leurs règles à 48 ans. À 52 ans, 85 % des femmes sont ménopausées. Les fumeuses atteignent cette date un à deux ans plus tôt. Une femme sur cinq ne présentera aucun symptôme au moment de la ménopause. Le seul signe sera l’arrêt des règles. Dans les autres cas, les symptômes présentés seront divers: bouffées de chaleur, variations de l’humeur ou dépression, sécheresse de la peau, maux de tête, maux de dos et fatigue. Environ 49 % de ces femmes souffriront de bouffées de chaleur et parmi ces femmes, 15 % iront consulter un médecin en raison de ces symptômes.

Un autre effet indésirable de la ménopause est l’augmentation du risque de crise cardiaque, due à la carence en oestrogènes. En outre, les rapports sexuels sont parfois douloureux pour la femme ménopausée, en raison de la sécheresse vaginale. Le recours aux gels ou aux crèmes lubrifiantes, ou à un traitement hormonal prescrit par votre médecin peut contribuer à remédier à cet inconvénient. La diminution de la densité osseuse au moment de la ménopause constitue un problème plus important. La présence d’oestrogènes est indispensable au processus de minéralisation osseuse car elle participe à la capacité des os à absorber le calcium d’origine alimentaire. Comme les concentrations d’oestrogènes diminuent pendant la ménopause, la déperdition osseuse augmente, et conduit parfois à l’ostéoporose, en particulier chez les femmes faiblement constituées, dont la densité osseuse est plus faible. Il existe des mesures préventives pour lutter contre l’ostéoporose, comme la supplémentation calcique et l’hormonothérapie. Votre médecin pourra répondre à vos question à ce sujet et vous démontrer les effets bénéfiques d’un régime alimentaire équilibré et de la pratique d’une activité sportive. Une étude réalisée à l’Université Western New Mexico a montré que des femmes ménopausées qui ont participé à un programme d’exercices intensifs ont augmenté considérablement leur endurance cardio-vasculaire. Chez les femmes de plus de 40 ans, l’exercice physique augmente également la densité osseuse, dans une période où elles sont plus exposées à la déminéralisation. La ménopause n’est pas obligatoirement synonyme d’un état pathologique nécessitant un traitement médicamenteux pour survivre.

 

* Le traitement substitutif est-il suffisant ? Sinon, que faut-il ajouter ?

 

La privation hormonale a des conséquences au niveau de la peau que le traitement hormonal substitutif ne peut résoudre même s’il contribue à les limiter.

 

Les principaux signes cutanés de la carence hormonale sont :

 

-          Une atrophie et une atonie par diminution des activités prolifératives dermo-épidermiques ; le traitement substitutif agit sur le derme en augmentant l’épaisseur cutanée et le taux de collagène (type III) ;

-          La sécheresse cutanée, liée à une diminution d’activité des glandes sudorales et sébacés associée à une baisse du taux d’acide Hyaluronique (composant dermique) ;

-          La pâleur s’explique par une diminution de la vascularisation et de la synthèse de mélanine ; les personnes âgées se plaignent de moins bien supporter le soleil ;

-          Une diminution du collagène dermique (la diminution des sécrétions hormonales joue aussi un rôle dans les altérations du tissu élastique).

 

L’hyperandrogénie relative va se traduire par une perte capillaire et l’apparition de pilosité exagérée. Cette pilosité est augmentée en cas de tabagisme comme le montre une étude anglo-saxonne, le tabac ayant un effet sur les récepteurs oestrogéniques.

 

La baisse de la sécrétion de progestérone entraîne une baisse de la synthèse de mélanine (qui dépend des oestrogènes et des androgènes) et aggrave l’amincissement cutané.

 

Le traitement substitutif est bénéfique mais non suffisant Au niveau cutané, il semble permettre une meilleure trophicité même si certaines études montrent que le collagène dermique est surtout augmenté dans les zones d’application de la thérapeutique (problème de dosage ?). Les femmes substituées ont une peau plus épaisse, moins sèche, plus de cheveux et moins de poils comparativement aux femmes non substituées. Néanmoins, ce traitement n’a aucun effet direct sur les rides et l’élasticité. Il permet non pas de prévenir le vieillissement cutané mais de le freiner. Il doit être associé à une protection solaire, à l’arrêt du tabac et à l’application de cosmétiques antivieillissement.

 

On considère actuellement que le traitement substitutif agit surtout sur le derme profond alors que les produits locaux ont une action épidermique et sont donc nécessaires.

 

* Quels cosmétiques utiliser au moment de la ménopause ?

 

Les cosmétiques utilisés à cette époque doivent permettre de compenser les carences liées à la ménopause.

 

Les récepteurs oestrogéniques cutanés ont une densité hétérogène : ils sont plus nombreux au niveau du visage qu’à d’autres endroits du corps, comme le thorax ou les cuisses. Ils sont présents à tous les niveaux de la peau : épiderme, surtout au niveau de la couche basale, et fibroblastes dermiques ; aussi le déficit hormonal qui marque la ménopause va-t-il retentir au niveau cutané.

 

Les médicaments topiques à visée comestique.

 

-          Les hormones donnent des résultats certains mais ce sont des produits peu agréables et, du fait du risque de surdosage, leur prescription doit être sous surveillance médicale stricte.

-          De même, il existe une action de la trétinoïne topique sur le vieillissement hormonal.

 

Les cosmétiques vrais de la ménopause.

 

Ils sont remarquables par leur tolérance et complètent l’action du THS en agissant sur l’épiderme. Ce sont surtout des émulsions émollientes contenant correcteurs, protecteurs ou compensateurs (complexe ELP, hydroxyacide, vitamine A, vitamine E) :

 

-          Principes actifs hydratants : soit de type occlusif pour limiter la perte insensible en eau, soit de type hygroscopique (qui sont gorgés d’eau) ; les plus utilisés sont les macromolécules du derme comme le collagène, l’élastine, l’acide hyaluronique, les insaponifiables de soja et les acides gras essentiels ;

-          Les hydroxyacides ont surtout une action épidermique (augmentation de l’épaisseur globale de l’épiderme, hydratation) et un effet sur le derme (augmentation de la synthèse des glycosaminoglycans) ; ils sont actifs à pH acide, ce qui limite parfois leur tolérance ;

-          Le rétinol ou vitamine A joue un rôle important dans la différenciation épidermique, mais il est relativement instable ;

-          Enfin, d’autres actifs cosmétiques à visée antiradicalaire sont souvent associés pour lutter contre le vieillissement  photoinduit qui s’ajoute au vieillissement chronologique et hormonal.

 

Certaines crèmes contiennent de plus des photoprotecteurs.

 

 

N’hésitez pas également à demander conseil à votre pharmacien. En scientifique averti, il saura vous guider dans vos choix.